Brèves

La baisse du poids des dépenses publiques

La baisse du poids des dépenses publiques n’est pas un facteur de moindre croissance. C’est cependant à une condition. Des mesures doivent être prises pour qu’autant d’épargne qu’il en faut soit investie en capital proprement dit et puisse en partie redevenir au moins un complément de pension de retraite. Mais il faut politiquement à la prise de ces mesures un discours renouvelé sur le capitalisme. Ou, comme on voudra, sur le libéralisme économique. L’Atelier Paul Fabra est un des lieux où ce renouvellement est travaillé. Sans illusions, pensons-nous : du capital qualité retraite est un progrès encore plus exigeant que la maîtrise du poids des dépenses publiques.

Une refondation réussie du capitalisme

Une refondation réussie du capitalisme par un consensus gouvernemental est-elle aujourd’hui possible ? Certains progrès politiques sous la contrainte des évènements peuvent être enregistrés. Mais de nombreuse régressions peuvent aussi bien proliférer. Un assainissement radical de l’économie de marché paraît de moins en moins pouvoir se produire sans un assainissement préalable de sa théorie de base. De la « science économique » est désormais trop largement enseignée et trop intensivement médiatisée pour qu’il puisse en aller autrement.

Le diagnostic d’Adam Smith

Le diagnostic d’Adam Smith se révèle, bientôt 250 ans après avoir été posé, juste et trop court. L’un des contraires du libéralisme, depuis Marx souvent appelé « le capitalisme », reste le mercantilisme. Via Malthus qui a de bonne foi beaucoup confondu et Keynes qui a délibérément choisi de se réclamer de lui, l’économisme moderne garde tous les traits fondamentaux du mercantilisme dénoncé par Smith. Là où le diagnostic de ce dernier se révèle trop court est que le libéralisme a, en économie, deux autres contraires. Mais il faut des néologismes pour les désigner car l’économisme ambiant détourne d’en prendre conscience. L’un est le créditisme : où il faudrait du capital strictement dit et où les dépenses publiques de fonctionnement excèdent ce qui est fiscalement supportable par la population, il y a du crédit et, en conséquence, des pouvoirs excessifs conférés aux marchés financiers. L’autre est le rétentionisme : les entreprises retiennent une partie des bénéfices pour leur autofinancement et, avec tous les autres employeurs, retiennent une partie du salaire entier pour le bien de travailleurs réputés incapables de faire preuve d’assez de prévoyance. Le plein jeu des échanges marchands s’en trouve contrarié. Le plein-emploi en fait les frais.

La définition de la définition

La définition de la définition existe. Elle n’a rien d’une panacée. Son usage n’en est pas moins nécessaire en science économique.

Dans cette discipline, comme en toute chose, se pose la question de l’essentiel. Plus on y travaille dans la direction réhabilitée par Fabra, plus le choix se restreint. Les ersatz de définitions sont scientifiquement toxiques. Du coup, là où se trouve en politique économique l’essentiel devient de plus en plus brumeux. Sans, en premier lieu, de l’économie, du capital, du profit et du salaire strictement dits, la théorie économique devient un foyer d’enfumage de choix politiques.

Une pétition de principe en economie :

Une pétition de principe est la faute qui consiste à tenir pour acquis ce qu’il s’agit de démontrer. C’est, indique Le Robert historique de la langue française, la Logique de Port-Royal qui a traduit du latin cette expression pour désigner cette faute de raisonnement. En économie, les positions de principe qui reposent sur au moins une pétition de principe sont très courantes. Il faut à la théorie économique éviter ce paralogisme d’abord pour être scientifique.

La science économique n’est pas ...

La science économique n’est pas celle de la satisfaction des besoins des hommes. Elle est celle de la pratique des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges. De plus, elle est l’étude de ce qu’il y a normalement de plus objectif dans cette pratique.

Ne font pas partie des marchandises ...

Ne font pas partie des marchandises : le travail en tant que dépense d’énergie humaine, le savoir, les ressources naturelles et les monnaies ayant cours. Le nier expose aux dérives de l’économisme.

La division de l’ensemble des échanges marchands

La division de l’ensemble des échanges marchands en sous-ensembles homogènes évite un piège. Ce dernier consiste à se poser la question « d’où vient la valeur d’échange des choses » en supposant que la réponse puisse être la même pour tous les termes d’échange marchand.

Attribuer aux entreprises

Attribuer aux entreprises « capitalistes » le « but du maximum de profit » est toxique. Pour qu’il y ait ce maximum, il faut du bénéfice indûment tiré des poches des clients ou de la plupart des salariés. Il faut également des infractions à la concurrence loyale.

Ce qu’il est dans la pente naturelle de l’économie de marché de maximiser est à démontrer. Le postuler fausse la démonstration. Avoir répandu l’idée que « le but de l’entreprise est le maximum de profit » a conforté un autre préjugé : le plus possible de profits moyennant le moins possible de mises en capital et de salaires est dans le cours normal des choses.

La distribution obligatoire de tous les bénéfices

La distribution obligatoire de tous les bénéfices d’une entreprise est économiquement logique. Au cœur de l’économie se trouve, en effet, la pratique des échanges marchands.

Dans ces échanges, deux sont de base. Le travail et sa rémunération sont les termes de l’un. Le placement en capital strictement dit et sa rémunération par les bénéfices sont les termes de l’autre. Ces deux rémunérations sont exposées à faire l’objet de retenues qui les amoindrissent. Ce faisant, ces retenues amoindrissent les stimulations et les régulations que le plein jeu des échanges incombe à ces rémunérations. Le plein-emploi sans ce plein jeu est presque par définition une impossibilité.