Sept autres repères de politique économique

1. Aux partisans de la réduction de la dette publique avant tout. Ramener les dépenses publiques de fonctionnement à la hauteur des recettes fiscales et les maintenir très durablement à cette hauteur augmente, fort sainement, la part de l'épargne susceptible d'être placée en financement direct des entreprises. Ce placement ne peut se réaliser massivement que si seulement si les déficiences principales en matière de placement d'épargne sont éliminés les unes après les autres.
 
2. Maintien des dépenses publiques de fonctionnement à la hauteur des recettes fiscales même en période de vaches maigres. Il y a la relance par la mise en capital pour en revenir au plus vite à une période de vaches grasses. Laquelle relance ne fonctionne au mieux qu'après l'élimination des déficiences principales qui tiennent d'abord aux façons de restreindre le plein jeu de l'échange marchand sur les marchés primaires, à savoir ceux de l'épargne et de l'emploi. Les autres solutions au problème de la relance ont des effets qui se révèlent pervers car ils entretiennent ou ils accroissent des infractions au plein jeu de l'échange marchand.
 
3. Cette politique ne condamne pas au gradualisme ou, tout au moins, rien qu'au gradualisme. Voir la thérapie de choc.
 
4. Gauche et droite démocratiques ont d'aussi solides raisons de se rallier à une telle politique qui n'exclut pas du tout des différences, arbitrées par les électeurs, de programme et d'image. Le contrat social et la confiance des électeurs en leurs élus sont forcément mis à mal par de l'adversité en partie feinte.


5. Quand le système économique ainsi que son infrastructure financière a des ratés, à qui en dernier ressort la faute ? Ceux qui ont pris pour sa configuration normale l'une de celles qui ne l'est pas. Et qui ont en conséquence prescrit des manières de le gérer. De l'importance pratique de la théorie économique. Il n'y a pas de conduite d'une entreprise et d'un pays sans à sa source une économie politique. Si cette dernière verse dans l'imaginaire, dès ses prolégomènes, la conduite qu'elle inspire en fait autant. Il est impossible de donner tort à Paul Fabra sur ce point.


6. La question du profit est cruciale. Entre la doctrine de la recherche du maximum de profit inhérente à l'existence même de toute entreprise privée et la doctrine du rendement du placement en capital à hauteur suffisante pour assurer le financement permanent du plein-emploi, la différence n'est pas de degré mais de nature. La première de ces doctrines est un pilier de l'économie politique aujourd'hui quasiment officielle et si on retire ce pilier tout l'édifice bascule. La seconde, celle du profit suffisant, est un apport de l'économie politique objective. Le choix entre l'une ou l'autre de ces doctrines n'a encore jamais été soumis à la population alors qu'il est de nature à l'être. S'il y a, en effet, préférence majoritaire pour la seconde doctrine, alors sa mise en oeuvre n'emporte rien d'économiquement et plus largement de socialement néfaste, bien au contraire.


7. La doctrine du profit suffisant est logiquement appariée à une théorie de la répartition et du salaire. L'une plus l'autre ne confortent pas du tout la réputation de loin la plus répandue de l'économie de marché. On la dit avoir de grandes vertus économiques mais de petites vertus sociales (ce dire moyennant une dialectique fondamentalement imaginaire entre l'économique et le social : tout échange et tout transfert est un acte social). L'économie politique objective établit que la dynamique du système économique, quand il est sciemment organisé pour qu'il en résulte le respect des lois de l'offre marchande en échange de l'offre marchande, est complètement positive socialement. Au point de rendre superflu tout un appareil de redistributions dont on ne peut que constater l'inefficacité en matière de réduction des inégalités évitables et non d'intérêt général (l'inégalité des revenus et des patrimoines ne fait pas partie de ces inégalités car elle est d'intérêt général, l'inégalité excessive des salaires et la concentration excessive de la propriété des entreprises en fait partie car l'intérêt général commande d'éliminer l'un et l'autre de ces excès).