Théorème de la différence - version étendue

[Cet énoncé et cette démonstration usent de la notion de richesse marchande avant que soit établi plus tard qu'une acception plus précise de cette notion fait sens. Dans cette acception plus précise, n'est plus de la richesse marchande qu'un revenu du travail et de placement. Quand le chapitre 1 sera revu pour aligner la présentation des argumentations sur ce qu'elle est devenue du chapitre 3 au chapitre 12, cette page devra être réécrite et peut être déplacée en appendice du chapitre 8 car c'est là que le bien fondé de l'assimilation des richesses marchandes aux revenus apparait le mieux. DM, 8/3/11]

Énoncé

À montants égaux, les placements dans le financement permanent (capital) ou long (plusieurs années) d’une entreprise sont davantage créateurs de richesses marchandes que les impôts et les placements dans le financement de la dette publique.

Démonstration

Précisons d’abord qu’une richesse marchande est toujours:  1) un produit d’une dépense outillée d’énergie humaine.  2) qui a été mis en vente avec succès.
Cette seconde caractéristique fait que, sur la période et le territoire considérés, il y a autant de créations de richesse marchande que d’achats, dont en premier lieu ceux de prestations salariées et avec, entre autres, les achats, effectués par paiements d’émoluments, des produits du travail des fonctionnaires et des élus rémunérés.

    • Soit P le placement d’un montant M dans le financement permanent ou long d’une entreprise. P finance un flux temporaire de premiers achats donnant à l’entreprise les moyens d’établir un flux durable de ventes, ce flux alimentant lui-même un flux durable d’achats qui augmentent d’autant les créations de richesse marchande.
    • Soit I un impôt de montant M. Cet impôt finance un flux temporaire d’achats qui sont autant de créations de richesse marchande.
    • Soit P’ le placement de montant M dans le financement de la dette publique. P’, étant le substitut d’un impôt supplémentaire, ne sert également qu’à financer un flux temporaire d’achats qui sont autant de créations de richesse marchande.
    • Soit V la valeur totale des richesses créées en au moins deux ans au moyen de P.

Sur la même période, il faut, avec n > 1, n fois I pour que la valeur totale des richesses créées au seul moyen d’impôts soit égale à V. Toujours sur la même période, il faut, avec n’ > 1, n’ fois P’ pour que la valeur totale des richesses créées au seul moyen de placements en emprunts publics soit égale à V (l’écart entre n et n’ tient à ce que P’ fait l’objet d’un achat au moyen du service d’intérêts). Un placement P qui se révèle raté est, au pire, l’équivalent, pour ce qui est de la création de richesses marchandes, d’un impôt ou d’une autre sorte de don de même montant. Tous les placements de type P n’étant pas ratés, sur une période de deux ans au moins une somme de P est davantage créatrice de richesses que la même somme de I et que la même somme de P’.

Allons plus loin

  • Appelons maintenant M le maintien de la création nationale de richesses marchandes ; tant que M, la prospérité générale est étale.
  • Appelons D les dépenses de fonctionnement du secteur public, hors entreprises qui en font partie, toutes fournitures de subventions pu-bliques comprises.

Une réciproque du théorème de dépendance est que l’augmentation du poids de D relativement au volume des ventes des entreprises nécessite plus de recettes fiscales ou, et, plus d’épargne placée en titres d’emprunt public (il y a une exception qui, quand elle existe, n’a jusqu’à présent concerné qu’un pays à la fois ; ce qui suit ne vaut qu’en partie de la même façon pour ce pays). Il en résulte de moindres contributions au financement permanent et long des entreprises.
Le théorème de différence a pour conséquence que l’augmentation du poids relatif de D est elle-même réductrice de la création de richesses marchandes par rapport à ce que cette création serait sans cette augmentation.